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Combien y a-t-il de courtiers en assurance en France ?

Au 31 décembre 2024, le registre ORIAS comptait 26 953 courtiers d'assurance en France, sur 62 110 professionnels immatriculés au titre de l'assurance. Derrière une stabilité apparente du courtage, la distribution se recompose : les réseaux mandatés progressent vingt fois plus vite.

L'équipe Parcours Assurance Publié le 14 août 2026
Illustration : un professionnel de l'assurance à côté d'un registre stylisé, aux couleurs de Parcours Assurance

Les chiffres du registre ORIAS au 31 décembre 2024

Le registre tenu par l'ORIAS recensait 118 308 inscriptions au 31 décembre 2024, correspondant à 69 970 professionnels distincts, tous secteurs confondus : assurance, banque et finance. Au titre de la seule assurance, 62 110 professionnels sont immatriculés.
La répartition par catégorie d'assurance est la suivante :
  • Courtiers d'assurance (COA) : 26 953 inscriptions, en hausse de 0,9 % sur un an.
  • Agents généraux (AGA) : 11 882 inscriptions, en hausse de 0,3 %.
  • Mandataires d'assurance (MA) : 3 233 inscriptions, en hausse de 19,1 %.
  • Mandataires d'intermédiaires d'assurance (MIA) : 29 710 inscriptions, en hausse de 2,5 %.
Toutes catégories confondues, le registre progresse de 1,2 % par rapport à 2023. Ces données sont issues du dernier rapport annuel publié par l'ORIAS et sont arrêtées au 31 décembre 2024. Précision utile : au moment où vous lisez ces lignes, elles ont donc plus de dix-huit mois, l'exercice 2025 n'ayant pas encore donné lieu à une publication consolidée équivalente. Elles restent la référence officielle la plus récente sur la démographie de la profession.

Inscriptions et professionnels : pourquoi les deux chiffres diffèrent

La confusion est fréquente, y compris dans la presse professionnelle : 118 308 inscriptions ne signifient pas 118 308 personnes. Un même professionnel peut être immatriculé simultanément dans plusieurs catégories, par exemple comme courtier d'assurance et comme intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement. Chaque catégorie donne lieu à une inscription distincte au registre.
C'est pourquoi le rapport distingue soigneusement les deux compteurs. Si vous citez un chiffre en rendez-vous ou dans une plaquette, précisez lequel : additionner les 26 953 courtiers et les 29 710 mandataires d'intermédiaires pour annoncer « plus de 56 000 courtiers en France » serait une erreur méthodologique, et elle se voit.
Cette mécanique du cumul explique aussi pourquoi la somme des inscriptions en assurance, 71 778, dépasse le nombre de professionnels immatriculés au titre de l'assurance, 62 110. L'écart mesure exactement le multi-statut au sein du secteur.

Le mandataire d'assurance, la catégorie qui progresse le plus

Avec 3 233 inscriptions et une progression de 19,1 % en un an, le mandataire d'assurance est de loin la catégorie la plus dynamique du registre. Elle reste la plus petite en volume, mais son rythme de croissance n'a aucun équivalent : les trois autres catégories évoluent entre 0,3 % et 2,5 %.
Ce statut correspond à une personne mandatée par une entreprise d'assurance, sans être agent général, pour distribuer ses produits. Sa montée en puissance traduit une tendance de fond : les assureurs élargissent leurs canaux de distribution en s'appuyant sur des réseaux mandatés, plus souples à constituer et à faire évoluer qu'un maillage d'agences générales.
Pour un courtier installé, cette croissance a une traduction très concrète : de nouveaux acteurs se positionnent sur vos marchés, avec un adossement direct à un porteur de risque et souvent des outils de souscription fournis clés en main. La concurrence ne vient plus seulement des cabinets comparables au vôtre.
Il faut toutefois lire cette progression avec la bonne échelle. Les mandataires d'assurance restent la plus petite des quatre catégories, et une variation de dix-neuf pour cent sur une base de moins de trois mille inscriptions représente en valeur absolue un peu plus de cinq cents entrées supplémentaires. Le mouvement est net, sa portée reste pour l'instant circonscrite. C'est sa persistance dans le temps qui en fera, ou non, une recomposition durable du paysage.

Courtiers et agents généraux : une stabilité qui interroge

À l'autre extrémité du spectre, le courtage progresse de 0,9 % et les agences générales de 0,3 %. Ces deux catégories, qui constituent le cœur historique de l'intermédiation, sont quasiment à l'arrêt en volume.
Cette stabilité recouvre en réalité deux mouvements de sens contraire qui s'annulent partiellement : des créations de cabinets d'un côté, des cessations et surtout des opérations de rapprochement de l'autre. Un cabinet racheté disparaît du registre, même si son portefeuille et ses collaborateurs continuent d'exister au sein de la structure absorbante. Le registre compte des immatriculations, pas des parts de marché.
L'enseignement pratique est le suivant : le nombre d'acteurs stagne pendant que la taille moyenne des structures augmente. Pour un cabinet indépendant, cela signifie affronter des concurrents mieux dotés en moyens marketing, en outils et en capacité de négociation avec les compagnies. La différenciation par le conseil devient moins un discours qu'une nécessité économique.
Cette stagnation a par ailleurs une conséquence rarement relevée sur le renouvellement de la profession. Quand le stock d'immatriculations n'augmente pratiquement plus, les entrées de nouveaux entrants sont compensées par des sorties, et la question de la transmission des portefeuilles se pose avec une acuité croissante. Un cabinet qui prépare sa cession a tout intérêt à documenter la conformité de sa formation continue : c'est un des points examinés lors des audits d'acquisition, au même titre que la qualité du portefeuille et la tenue des dossiers clients.

Ce que ces chiffres changent pour votre activité

Un marché dont le nombre d'acteurs stagne, où les structures grossissent et où les réseaux mandatés se développent rapidement, c'est un marché où la conquête de nouveaux clients coûte mécaniquement plus cher. Trois conséquences méritent d'être anticipées.
  • La pression sur la prospection s'accroît, au moment précis où le cadre légal de la prospection se durcit. Le passage au consentement préalable en matière de démarchage téléphonique, détaillé dans notre article sur les nouvelles règles applicables depuis le 11 août 2026, ferme un canal historique d'acquisition.
  • La fidélisation du portefeuille existant devient prioritaire sur la conquête pure, avec un enjeu de multi-équipement et de qualité de suivi.
  • Le conseil redevient le facteur différenciant face à des distributeurs adossés à un assureur unique, dont l'offre est par construction plus étroite que celle d'un courtier.
C'est précisément sur ce dernier point que se joue la valeur d'un cabinet indépendant. Construire un discours qui rend visible cette différence, sans tomber dans l'argument convenu de l'indépendance, s'apprend : notre formation consacrée à l'argumentaire différenciant traite ce sujet en quinze heures.
Un dernier point mérite attention. Dans un marché où les statuts se multiplient, le client final distingue mal un courtier d'un mandataire, et ne perçoit pas que l'étendue du choix qui lui est proposé varie radicalement de l'un à l'autre. Expliciter votre statut et ce qu'il implique concrètement sur la comparaison des offres n'est pas seulement une obligation d'information précontractuelle : c'est devenu un argument commercial à part entière, précisément parce que peu de vos concurrents prennent la peine de le formuler clairement.

Une obligation commune à tous les inscrits : les 15 heures DDA

Quelle que soit la catégorie, courtier, agent général, mandataire d'assurance ou mandataire d'intermédiaire, l'obligation de formation continue est identique. L'article R. 512-13-1 du code des assurances dispose que la durée consacrée à la formation ou au développement professionnels continus ne peut être inférieure à quinze heures par an.
Le même texte précise que cette formation peut être suivie en présentiel comme à distance, en une ou plusieurs séquences, consécutives ou non. Il impose en revanche de conserver, pour chaque action, le nom de l'organisme dispensateur, la date, la durée, les modalités et les thèmes traités. C'est ce dossier de preuve que l'ACPR examine en cas de contrôle, et non la seule attestation.
Autrement dit, les 62 110 professionnels immatriculés en assurance doivent tous justifier de leurs quinze heures, chaque année, sans exception liée au statut ou à l'ancienneté. Si vous devez régulariser rapidement, nos parcours de 15 heures conformes à la DDA sont intégralement asynchrones, et l'attestation est délivrée sous 24 heures.

Sources

  • ORIAS, rapport annuel 2024, données arrêtées au 31 décembre 2024 : nombre d'inscriptions et de professionnels immatriculés, répartition par catégorie et évolution annuelle.
  • Code des assurances, article R. 512-13-1 : durée minimale de quinze heures annuelles de formation continue, modalités et justificatifs exigés.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il de courtiers d'assurance en France ?+

Le registre ORIAS comptait 26 953 courtiers d'assurance immatriculés au 31 décembre 2024, dernière donnée consolidée publiée. Ce chiffre correspond à des inscriptions en catégorie courtier, et progresse de 0,9 % sur un an. Il ne comprend ni les agents généraux, ni les mandataires.

Quelle est la différence entre une inscription et un professionnel au registre ?+

Un professionnel peut être immatriculé dans plusieurs catégories à la fois, chacune donnant lieu à une inscription distincte. Au 31 décembre 2024, le registre comptait 118 308 inscriptions pour 69 970 professionnels. L'écart mesure le cumul de statuts, fréquent chez les intermédiaires.

Toutes les catégories ORIAS sont-elles soumises aux 15 heures de formation ?+

Oui. L'article R. 512-13-1 du code des assurances impose quinze heures annuelles minimum à tous les intermédiaires et à leur personnel concerné, sans distinction de catégorie. Courtiers, agents généraux, mandataires d'assurance et mandataires d'intermédiaires sont soumis à la même exigence.

Ces chiffres ORIAS sont-ils encore à jour ?+

Ils proviennent du rapport annuel 2024, arrêté au 31 décembre 2024, soit une antériorité de plus de dix-huit mois. Aucune publication consolidée équivalente n'existe pour l'exercice 2025 à ce jour. Ils demeurent la référence officielle la plus récente sur la démographie du registre.

L'équipe Parcours Assurance

Rédigé par les experts pédagogiques de Parcours Assurance, organisme de formation certifié Qualiopi dédié aux professionnels de l'assurance.

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